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LA GALERIE CERAMIQUE ET RAKU

 

LA GALERIE DES BOLS A THE


LE RAKU ET LES YOWAN


Si nous laissons de côté la fabrication industrielle, il est possible de dire que la céramique, comme tous les arts, est à la fois le résultat de l’application d’une technique et l’expression d’une civilisation. Le potier ou céramiste occidental a le souci du beau travail bien fait. Le potier ou céramiste japonais va plus loin car sa réalisation est souvent accompagnée ou précédée d’une méditation, parfois de prières et dans le respect de traditions. Il est possible que cette différence d’état d’esprit vienne de l’éducation mais elle me semble provenir principalement d’une différence de rapport que chacun de ces hommes pratique avec la nature.
En Occident l’homme se veut maître de la nature.
En Extrême-Orient, l’homme est hôte de la nature.
Ainsi, le potier japonais ouvrira son esprit en permettant à la « part accidentelle »d’agir pour la réalisation. L’occidental pourra avoir conscience de cet état mais le plus souvent il se concentrera sur les nécessités techniques ou sur le respect de normes et gabarits préétablis.
Cette part accidentelle a même un nom elle s’appelle le Yôhen.
Par extension le Yôhen est devenu le terme par lequel on désigne le changement inattendu que la poterie peut avoir en cours de cuisson : déformation, craquelage, changement de couleurs.
Le Yôhen s’exprime particulièrement dans la poterie Raku.
Il faut mentionner en particulier les bols à thé, bols traditionnels de la cérémonie du thé
(cha no yu) harmonieux et rustiques qui plaisent à l’œil et au toucher et parmi ceux-ci les Yowan de Degushi Onisaburo.

Histoire des Raku.

L’origine des Raku est due à un potier chinois ou coréen appelé Ameya né en 1483. Il arrive au Japon vers 1516 à Kyôto.
Son fils Chôjirô (1516-1592). Grâce à Sen no Rikyû, Maître du thé, il fabrique les premiers bols à thé ou chawan, bols cylindriques à pied bas. Il prend le nom de Chôyû Tanaka.
Son fils, ou son frère, Jôkyô(1525-1624) L’empereur Hideyoshi lui donne le sceau d’or, l’enseigne de Maison des Bols à Thé de qualité impériale de Raku et le droit de porter le nom de RAKU.
Son fils Kichibe(1594-1656)Appelé encore Kichizaemon ou encore Nonko est surtout connu sous le nom religieux de Donyû. C’est l’apogée du Raku.
Son fils Ichinyû(1640-1696) Il devient religieux en 1691.
Son fils adoptif Sonyû(1685-1739).
Les générations suivantes, bien que très bons potiers, n’apportent pas d’innovations importantes :
Chônyû (1714-1770)
Tokunyû (1745-1774 )
Ryônyû (1756-1834 )
Tannyû (1795-1854 )
Keinyû (1817-1902 )
Kônyû (1857- 1932 )
Seinyû (1887-1944 )

Tous ces artistes de la même famille, à l’exception des deux premiers, ont été religieux comme le montre la fin de leur nom (.. nyû ) Ils travaillaient à Kyôto en relation et au service des traditions de la cérémonie du thé.
La quatorzième génération est représentée par Kichizaemon.

Le maître Deguchi Onisaburo ( 1870-1948 ) s’intéresse au Raku et commence ses fabrications en 1921 pour une dizaine d’années. Ses idées pacifistes le conduisent en prison pendant sept ans. Il en sort en 1942, malade et ce n’est qu’en 1944 qu’il peut, à nouveau fabriquer ses bols à thé. Il quitte la forme traditionnelle cylindrique pour modeler , à la main des formes rondes ou globuleuses, qu’il revêt de couleurs et glaçures variées et brillantes, d’où le nom donné: « Yowan » wan : bol , yô : étincelant, par Giichiro Kato (1892-1974) .

Voici ce que disait Kato, critique d’art, conservateur du musée des Beaux arts d’Itsuwo, au sujet de son Yowan de Onisaburo :
« Serrant mon Yowan, buvant du thé tous les jours du matin au soir, le tenir, le caresser, le conserver, me plongent dans un ravissement et accroissent mon attachement, me faisant regretter ma boutade : « c’est le bol du futur », avais-je dit un jour où mon appréciation n’avait pas dépassé un jugement trop simpliste. Car, enfin, une vie sans poème est triste, une vie sans rêve est aussi fugitive et mélancolique. Le désir de posséder le poème et le rêve dans sa vie est encore plus fort quand on se consacre à la cérémonie du thé ; celle-ci est en elle-même un poème et un monde de rêve. On y recherche l’abstraction poétique d’un monde qui se veut incolore, or j’ai toujours rêvé de sentir la poésie toute de couleurs de l’univers. »

Voici quelques bols à thé . Chaque pièce est unique et reçoit un nom.


Vous pouvez agrandir la photo en cliquant sur la miniature.

 

Yowan en raku noir

"nuit de rêve"




Yowan

"terre souriante"




Yowan

 

"Aube joyeuse"




Yowan

 

"Senteurs d'automne"




Yowan

 

"Jardin d'été"




Yowan

 

"Plénitude tranquille"




Yowan

 

"Vague impétueuse"




Yowan

 

"Matin d'avril"




Yowan

 

"Ecorce de terre"




Chawan